[J-7] Il y a le confort, et il y a l’hygiène
Un mois de chauffe d’un ballon de 150 litres à 65°C consomme 30x150x(65-15) = 225000 kilocalories, soit 260 kWh, c’est à dire 26 € sur la facture, et l’équivalent de 18 mois de fonctionnement continu d’un PC portable à 20W, ou bien 6 ans d’éclairage avec une ampoule basse conso de 5W. Cela montre bien l’absurdité d’utiliser une énergie noble pour la gaspiller immédiatement en chaleur.
A long terme, il faudra généraliser les chauffe-eau solaires, comme en Espagne. Mais en attendant de pouvoir changer une installation qu’on n’a pas tout le temps choisie, on peut se demander quels moyens d’action on peut mettre en œuvre pour réduire tout de suite sa contribution à la demande d’électricité (et aussi sa facture).
Une solution serait de baisser le thermostat du ballon. Cela revient à avoir moins d’eau chaude, comme si le ballon était plus petit. Et cela réduit les déperditions de chaleur entre l’eau du ballon et l’air extérieur. Mais pour éviter que les pathogènes et autres légionelles se développent dans cette eau tiède, il faudrait remonter le thermostat à 65°C périodiquement (p.ex. une fois par semaine) ce qui est assez contraignant – à moins qu’on mette un thermostat-programmateur qui serait amorti en quelques semaines d’économies.
Une autre consiste à simplement s’astreindre à une certaine sobriété à la salle de bains, en gardant à l’esprit qu’il ne faut pas confondre hygiène et confort. On peut très bien s’en sortir avec deux ou trois litres d’eau tiède s’il s’agit d’une douche au savon et au gant. Rien n’empêche alors de s’offrir une bonne douche "détente et bien-être" une fois par semaine.
Note : toutes les suggestions de sobriété court-terme que nous mentionnons dans ces pages pour préparer la journée sans nucléaire du 26 avril peuvent sembler un retour en arrière en terme de confort et de qualité de vie. Certes, mais on n’a rien sans rien, et si l’on veut permettre une sortie du nucléaire, il faut bien mettre en accord ses principes et ses actes. Par ailleurs, le lien entre confort matériel et bonheur est loin d’être établi, et comme le répète Pierre Rabhi, la sobriété peut justement être source de bonheur. Enfin, les difficultés économiques présentes et futures vont probablement contraindre de nombreux foyers à cette sobriété. On peut donc opter dès maintenant pour la sobriété, sinon pour s’y préparer, du moins par solidarité.