[J-1] Faire son linge au lavoir …
Je l’avoue, je ne suis pas du tout motivé pour laisser tomber le lave-linge. Certes, on a pris l’habitude de laver son linge un peu trop souvent, pour la moindre tache et la moindre odeur. Cependant, si l’on devait retourner au lavoir ou à la rivière, il y fort à parier que l’on tomberait dans l’excès inverse tant ce labeur est ingrat (même à plusieurs). Il en résulterait probablement des soucis d’hygiène individuelle qui se combineraient en problèmes de santé publique.
Comme le lave-vaisselle, le lave-linge consomme surtout parce qu’il doit chauffer l’eau. Un lave-linge à double arrivée d’eau permet d’utiliser l’eau chaude du chauffe-eau solaire ou de la chaudière à bois donc d’apaiser grandement l’appétit électrique de la machine, si bien que faire sa lessive à la main n’aurait pas vraiment d’intérêt. Le reste du cycle n’utilise que de la puissance mécanique pour tourner et retourner le linge. Si on était réduit à vivre sans électricité, on pourrait probablement même fournir cette énergie avec un pédalier de vélo. L’essorage est un moment qui réclame un peu plus de puissance, mais c’est de loin le système le plus efficace pour diminuer le temps de séchage sans trop abîmer le linge (songez que dans le temps on tordait le linge ou on le battait). Avec un essorage à 1600 tours/minute, de nombreux vêtements sortent tellement quasi-secs qu’ils sont secs aussi vite que dans un sèche-linge.
En attendant d’avoir le chauffe-eau solaire, la machine à double arrivée d’eau et l’essorage à 1600 tours, on peut s’organiser pour limiter le nombre de lessives le plus possible. Virer le sèche-linge est une très bonne incitation, puisqu’on est obligé de repenser la gestion du linge pour éviter de crouler sous le linge "sale". Rien qu’en ayant une tenue dédiée au temps libre chez soi et une autre dédiée aux travaux salissants, on évite d’organiser un turnover permanent de fringues qui se retrouvent au panier le lendemain du jour où on les sort du tiroir. Et si on a de jeunes enfants, il faut arrêter de regarder les catalogues de mode où les gamins sont toujours impeccables ; quand on relativise les taches sur les pantalons, on s’économise un paquet de lessives.